Par Niko06
Lundi 30 novembre 2009
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2009
13:00
Un film de Chris Kraus
Le synopsis d'allociné :
Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu'elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d'entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas.
Je ne sais pas si c'est le cinéma allemand qui est en train de renaître de ses cendres ou si ce sont les distributeurs qui recommencent à s'y intéresser mais l'air de rien, en quelques années, de plus en plus ont débarqué dans les salles françaises, avec quelques chefs d'oeuvres à la clef (la Vie des Autres bien entendu). Avec ce Quatre Minutes au titre mystérieux et qui avait à sa sortie conquis le public et la critique dans tous les festivals, l'inconnu Chris Kraus livre un drame tout aussi convenu que poignant, alternant le déjà vu et l'inédit dans un traitement qui apporte une touche de modernité à l'austérité du film d'auteur... émotionnellement c'est assez fort.
Là où le schéma est relativement classique c'est dans cette relation
maître/élève entre une vieille sage qui semble porter un lourd secret et la jeune louve indomptable, c'est vu et revu. néanmoins le réalisateur réussit par je ne sais quel tour de passe-passe à
nous passionner pour leur destin... il faut dire que les éléments du passé de Mme Krüger nous sont servis petit à petit par de courts flashbacks bien sentis, loin des longues explications
pompeuses. C'est tout de même surprenant de voir à quel point ce cinéma allemand moderne a toujours tendance à placer la thématique nazi dans ses films, comme si il fallait à tout prix montrer les
conséquences sur les nouvelles générations à chaque nouveau drame que l'on filme. D'un côté c'est très bien car le pays affronte enfin son passé avec recul, de l'autre ça ressemble de plus en plus
à un ressort dramatique commun...
Mais ce n'est pas là le thème central de Quatre Minutes, qui brosse
avant toute chose le portrait d'un duo à priori improbable mais finalement logique, car toutes deux, malgré leurs grosses différences évidentes, sont des personnages d'écorchées vives en pleine
auto destruction suite à un drame. La plus jeune s'est enfermée dans une armure de violence et a coupé tous les ponts sociaux possibles, la plus âgée a tout simplement cessé de vivre depuis les
années 40. Leurs parcours sont tout de même très douloureux mais intelligemment Chris Kraus ne vient jamais chercher le pathos facile, l'émotion naît tout simplement de ces petits moments
où les coquilles se brisent et que ces personnages qui ne seront plus jamais vraiment ouverts se livrent complètement l'un à l'autre.
Poids de la culpabilité, recherche du pardon, absolution... Quatre
Minutes brasse des thèmes forts, élimine assez vite ceux liés à la religion pour rester du côté humain de la chose, avec bonheur. De plus il peint de bien belle manière le milieu carcéral ultra
glauque des prisons féminines, loin des clichés WIP (Women In Prison) mais hyper réaliste. Le contraste entre la dureté du décor et la douceur du piano n'en est que plus saisissant! Car Quatre
Minutes, en plus de ce drame lié à la relation de ces deux femmes, passionnante, c'est avant toute chose un film sur la musique. Et comment la passion pour la musique peut être une raison
suffisante pour continuer à vivre. Bien sur les deux femmes ne l'aborde pas de la même manière, une étant mélancolique et l'autre rebelle...
Mais c'est l'occasion de trouver une des plus belles bandes originales de
film dans laquelle on se plonge avec délectation chez Mozart, Bach, Beethoven, Schuman, Schubert... quel bonheur!!Les actrices sont magnifiques, Monica Bleibtreu (la soixantaine) bénéficie d'un maquillage bluffant qui la rend plus que crédible dans la peau d'une octogénaire. Elle est superbe dans le rôle de cette professeur rongée par un passé hyper sombre, lié aux agissements atroces des nazis envers les minorités. Mais la sensation c'est la jeune Hannah Herzsprung, hallucinante dans sa composition de la folie qui cache un vide émotionnel incroyable. Elle est l'image de l'écorchée prise dans sa spirale d'autodestruction, et qui n'en sort que périodiquement, par la musique.
La mise en scène est surprenante. Alors qu'on pouvait s'attendre à une
certaine épure, Chris Kraus se permet pas mal d'effets visuels plutôt bien placés et virtuoses. Même si on n'est pas là devant une démonstration technique, il est toujours rassurant de
voir que certains savent allier le fond et la forme.Et puis dans Quatre Minutes il y a ce final hallucinant et halluciné qui vient justifier le titre. Une scène de concert débridée, complètement folle, dans laquelle la jeune Jenny fait corps avec son piano et avec la musique. C'est à la fois magnifique et grotesque, mais d'une puissance visuelle et sonore incroyable, complètement étourdissant.
Difficile de dire du mal de ce film, le plus gros reproche qu'on peut lui faire c'est finalement de marcher sur une route toute tracée, de manquer d'originalité. C'est dommage sur ce point (important) mais on a là l'aperçu d'un talent à suivre, capable de marier lyrisme et violence sourde, Chris Kraus.










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Publié dans : Allemagne
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Dans les points qui fâchent d'entrée de jeu, il y a la langue. Certes pour un film
voué au marché international et dans lequel on trouve de grands acteurs l'utilisation de la langue de Shakespeare tient de l'évidence... sauf que l'histoire se passe en France, les
personnages ont tous des noms français mais parlent en anglais. Tout comme c'était le cas sur Mémoires d'une Geisha, ça tue presque le film, ou du moins lui enlève une bonne dose de
crédibilité. D'autant plus que la France co-produit, mais passons, tout le monde n'a pas la possibilité d'affirmer son intégrité artistique à la manière d'un Steven Soderbergh ou d'un
Mel Gibson! Voyons plutôt comment a été utilisé ce gros budget de 50M€... de la bonne manière c'est sur, et on s'en rend compte dès l'ouverture!
Accompagnée de la voix de John Hurt, qui restera le narrateur nécessaire
tout au long du film, même si le procédé n'est pas ce qu'il y a de plus passionnant, la naissance de Jean-Baptiste Grenouille est un modèle d'introduction. On y découvre un Paris du XVIIIème siècle
comme on ne l'avait encore jamais vu. La reconstitution est bluffante, la mise en scène et les jeux de lumière parviennent presque à nous faire sentir les odeurs pestilentielles de l'époque. Dans
ce décor crade et glauque naît Jean-Baptiste, fils d'une mère infanticide... la scène est tellement puissante qu'elle ne sera jamais égalée jusqu'au final. C'est toujours le risque d'entamer un
film à la perfection, il faut garder ensuite le niveau et là ce n'est pas le cas, malgré de très nombreuses qualités.
Passée cette intro magnifique on va suivre l'évolution de notre meurtrier (qui du
bouquin au film est passé d'un individu hideux à un jeune homme au visage angélique) jusque dans l'accomplissement de son oeuvre. Intelligemment Tykwer ne tombe pas dans le Whodunit
facile, de toute faon on connaît l'identité du tueur avant même d'avoir vu le film, et ce malgré un prologue qui cherche à nous faire partir dans la fausse direction... Les meurtres sont traités de
façon inégale, le tout premier, celui qui hantera Jean-Baptiste jusqu'au bout et qui symbolise à lui seul toutes ses motivations, restant largement au dessus du lot. Il fait suite à une poursuite
qui ressemble presque à un balet. Les autres, jusqu'au dernier lui aussi magnifique, sont expédiés assez vite et on comprend bien que ce n'est pas vraiment ce qui intéresse le réalisateur.
Il semble plus se focaliser sur les monde des senteurs, et le rapport
qu'entretient Jean-Baptiste avec celui-ci. A tel point qu'il réussit à créer une véritable sympathie envers ce meurtrier qui est traité avant tout comme un artiste, un génie aux sens olfactifs
démesurés. Tout le propos du film se situe dans la partie chez Giuseppe Baldini (Dustin Hoffman étonnant!), l'objectif de la vie de Jean-Baptiste Grenouille est de capter l'odeur de chaque
chose, objet comme être vivant, afin d'avoir tous les ingrédients pour créer son chef d'oeuvre, un parfum qu'on attend ultime. Contrairement à l'introduction, tout le traitement des odeurs par la
mise en scène tombe à plat... On ne compte pas les gros plans sur des nez, à tel point que ça devient irritant de facilité et surtout que ça ne fonctionne pas... Heureusement sur les autres
aspects, Tykwer est carrément virtuose!
Mais tout passe par un choix d'acteur principal osé mais finalement inattaquable.
Ben Wishaw est impressionnant, peu loquace il transporte son visage d'ange et son regard d'illuminé d'un bout à l'autre du film qui grâce à lui prend une belle dimension. L'ensemble marie
donc le très bon et le moins bon... Il y a un propos étonnant sur la nature des sens et sur la quête d'un idéal, très bien traité. Mais à côté on est devant une mise en scène certes très maîtrisée,
avec un film bourré de plans sublimes, mais qui en fait trop là où une certaine sobriété aurait été bienvenue. Sauf qu'on a beau y réfléchir, comment diable le sujet aurait-il pu être traité
autrement?? Bref c'est parfois maladroit mais on lui pardonne, d'autant plus que le Parfum hérite d'un double final aussi inattendu que magnifique et plutôt osé vu le budget. Tykwer
va jusqu'au bout et signe une des plus belles scènes vue au cinéma ces dernières années.












































































