Un scénario simple qui résonnera de différentes façons selon que l'on soit
enfant ou adulte, une sorte de version moderne d'Alice au pays du magicien d'Oz qui brasse autant les références à des contes qu'à d'autres oeuvres d'animation, ou de cinéma live, on pense bien
sur à l'oeuvre de celui qui aura fait beaucoup d'ombre à Selick (qui j'espère se fera enfin un nom avec celui-là), monsieur Burton qui n'a rien à voir avec Coraline mais dont la présence
se fait tout de même sentir (serait-ce là le signe d'un véritable auteur qui aurait imprimé tout un univers?). Peu de surprises dans cette histoire (bien que les plus jeunes dans la salle
semblaient surpris par la tournure des évènements), le regard d'un adulte étant tellement vide d'innocence et de naïveté qu'on comprend de suite que cet envers du décor n'est pas sain...
A l'écran c'est un festival, le passage dans l'autre réalité voit la grisaille
ambiante, les arbres effrayants (derniers artefacts gothiques chez Selick), les personnages moroses, laisser leur place à un festival de couleurs vives... les "autres" parents sont bien plus
aimants et attentionnés (mais les autres sont-ils vraiment mauvais ou seulement débordés par leur quotidien?), les jouets et les animaux parlent, tous les voisins sont devenus agréables et pour
Coraline ce serait le paradis s'il n'y avait pas ces boutons à la place de leurs yeux... Univers fantastique à la limite du conte de fée, à la limite seulement...
Le gros tour de force du film de Selick est de réussir ce que peu de films
d'animations sont capables de faire: créer une véritable empathie pour le personnage principal. Un exemple simple, on en vient à être agacé quand les voisins écorchent le nom de Coraline... Et
plus on est jeune plus on s'identifiera à cette petite fille adorable et dont la vie semble si morose. C'est d'ailleurs là un soucis plutôt gênant, je crois que passé un certain âge on ne
ressentira pas vraiment d'émotions devant ce film... On l'appréciera pour d'autres raisons mais on ne sera pas aussi transporté qu'on aurait pu le croire.
Reste un tour de force technique qui force le respect. L'univers ici crée
fonctionne à la perfection malgré sa complexité, les moments magiques s'enchaînent à d'autres beaucoup plus cruels. De nombreuses scènes resteront dans les mémoires comme ce fabuleux jardin que
découvre Coraline de l'autre côté ou la dernière partie du film qui présente des images superbes avec cet univers qui se referme sur lui-même.







