Ce qui m'a fait beaucoup rire à la sortie du film au cinéma, ce sont les réactions
des journalistes qui semblaient tous découvrir l'acteur en vantant ses capacités inédites dans le jeu dramatique... franchement, certains devraient bosser un peu leur truc des fois! Car Van
Damme n'a pas joué que dans des direct-to-video de baston en provenance des pays de l'est et qui en effet ne présentent aucun intérêt. Il ne faut pas oublier qu'il a bossé avec les plus grands
réalisateurs hongkongais : John Woo, Tsui Hark et Ringo Lam, dans des films loin d'être honteux et parfois même très bons. Ils se nomment Chasse à l'homme,
Risque Maximum, Double Team, Piège à Hong Kong, Réplicant et In Hell, ses meilleurs films sans l'ombre d'un doute. Et ce sont d'ailleurs ces deux derniers qui ont
dévoilé de véritables et grandes qualités d'acteur chez le belge.
En fait JCVD est un film un peu bâtard... en effet il jongle sur deux niveaux
de lecture évidents qui ont parfois du mal à cohabiter. On a d'un côté l'introspection d'un Van Damme qui ne s'était jamais livré au spectateur de la sorte et de l'autre un film de
braquage tendance Dog Day Afternoon en plus stylisé mais en beaucoup moins bien. Car tout cette histoire de braquage elle est quand même bien fine... à tel point que le réalisateur nous la
repasse plusieurs fois avec un point de vue différent. Certes c'est beau (quoique il m'a semblé que certains dialogues étaient différents...) mais on a comme l'impression que c'est là pour combler
un sérieux vide scénaristique. Par contre tout ce qui concerne Van Damme est passionnant.
Ca commence avec un long plan séquence plutôt bien fichu de Jean-Claude sur
le tournage d'une série B d'action de seconde zone, et si les coups ne sont pas impressionnants (c'est sensé être une sale production en même temps) la mise en scène par contre est de haut niveau,
tout comme la photo de l'ensemble du film, superbe dans sa surexposition et ses tonalités sépias. Et franchement si le scénario n'est pas le plus passionnant qui soit, par ses artifices El
Mechri réussit à le transcender d'une bien belle façon, confirmant tous les espoirs qu'on pouvait mettre en lui depuis le très réussi Virgil. Tout ce côté plus terre à terre du film
permet à une galerie de personnages secondaires de faire leur show, avec du bon et du moins bon.
Zinedine Soualem en fait beaucoup trop avec sa perruque ridicule et ses
tics qui devraient en faire un personnage hautement instable donc dangereux, mais qui le rendent bien inoffensif. Par contre les autres ne sont vraiment pas mauvais, en particulier ce grand malade
de François Damiens (le belge d'OSS117 et des caméras cachées de Canal+ entre autres...) parfait en commissaire de police dépassé par les évènements. Mais également Karim
Belkhadra et Jean-François Wolff, excellents dans leurs rôles de braqueurs. Mais bien entendu ils sont tous dévoués à Jean-Claude Van Damme, car après tout, ce film est fait
pour lui, autour de lui, par un réalisateur qui l'aime profondément et ça se voit! Chaque plan transpire de l'amour pour cette icône.
En lui faisant revivre des passages de sa vie (son divorce, ses tournages de films
pourraves...) tout en le mettant face à sa propre image (le passage où il entend toutes ses citations qui ont été autant de sujets de moqueries), Mabrouk El Mechri joue un peu le rôle de
psy pour Van Damme qui se dévoile alors complètement dans un long monologue (autour de 7 minutes il me semble) qui n'a bien sur rien d'une improvisation, c'est scénarisé et mis en scène,
mais qui fait écho à sa vie personnelle avec une telle puissance que la séquence en devient vraiment émouvante, pour peu qu'on éprouve de la tendresse pour l'acteur qui se met à nu et dévoile un
homme blessé.









Pourtant pendant 10-15 minutes en début de film il laisse planer l'espoir
d'une résurrection artistique improbable. Une ambiance efficace, une mise en scène aérienne, un mystère suivi d'une scène hyper gore... on y croit. Mais ce n'est qu'un doux rêve qui s'évapore assez
rapidement car si la mise en scène ne faiblira pas vraiment, à l'apparition du petit singe on se pose déjà des questions sur le sérieux de l'entreprise... et des scènes de grand n'importe quoi
injustifiées on va y avoir droit, et pas qu'un peu! Ce qui frappe d'entrée de jeu c'est l'aspect visuel. Travaillé à l'extrême sur les deux précédents films de la trilogie, avec une importance
capitale des couleurs qui servaient toute une symbolique complexe, cette fois il privilégie une lumière naturelle en abandonnant l'idée de tourner en studio. Le résultat est moche, on se croirait
devant un vieux téléfilm fauché...
Les thématiques soulevées dans Suspiria et Inferno?
Absentes ou traitées par dessus la jambe... Argento semble ne s'être souvenu du spectacle graphique que constituaient ses deux films que sur la fin, donc à l'approche du dernier acte il
nous sort des couleurs surréalistes, mais c'est trop tard. Avant d'en arriver là on doit se farcir une intrigue bidon qui ne tient pas la route deux secondes, avec des raccourcis scénaristiques
indignes de son rang. Le réalisateur semble vouloir privilégier le gore au mystère, et quand il le fait ce n'est même pas toujours réussi! Autant certains effets et maquillages sont réussis, autant
d'autres font peine à voir (têtes en latex à peine visibles, incendie numérique à vomir... qu'est-ce que c'est vilain!!!). Mais ce n'est pas tout...
La réunion de sorcières dans Rome est sensée créer le chaos, c'est ce
qu'on nous dit... sauf que sur les plans larges, au mieux on voit deux personnes se chamailler, bonjour la fin du monde! Le grand moment du film est sans doute la scène de la gare... entre
l'arrivée des "sorcières" (en fait des jeunes filles au look un peu gothique) et la course poursuite qui se termine dans une librairie où Sarah se découvre le don de devenir invisible,
grâce à la voix de sa maman... on touche le fond. C'est à se demander si les gens qui ont fait ce film l'ont revu avant de le diffuser... Non parce que il y a quand même des trucs incroyables!
Quand la mère de Sarah (Daria Nicolodi, la vraie mère d'Asia Argento) lui apparaît façon hologramme d'Obi-Wan Kenobi c'est un grand moment, et puis il y a ce singe aussi,
mais qu'est-ce qu'il fout là???
Argento tombe dans la gratuité de tous les instants et enterre son film
qu'on ne peut vraiment pas prendre au sérieux. Il profite d'avoir engagé des bimbos comme actrices pour bien cadrer leurs culs et leurs seins, nous balance une scène lesbienne sans qu'on sache trop
pourquoi, se fend d'un long (mais alors très long) plan séquence dans la maison super maîtrisé mais tout simplement chiant... bref, la virtuosité technique au service du vide, ça ne sert à rien du
tout.
On atteint également des sommets avec le casting. En tête la belle
Asia Argento (que son malsain de père filme sous la douche et humilie dans la scène finale) que j'aime beaucoup d'habitude mais qui là est risible dans le pire rôle de sa carrière.
Philippe Leroy et le pauvre Udo Kier meurent dans d'atroces souffrances, les flics sont à mourir de rire, le casting féminin fait pitié... c'est pas parce qu'on a des gros seins
qu'on est bonne actrice, il faudra le lui dire à Dario!










Ça commence comme un slasher tout à fait classique avec une bande de jeunes
étudiants en médecine qui vont se faire un weekend à la montagne histoire de respirer le bon air frais, de bien s'imbiber de bière et accessoirement de tirer une des trois filles qui les
accompagnent. Donc comme dans tout slasher qui se respecte, pendant la première demi-heure on s'ennuie ferme... tout est là, humour bas du plafond, jolies filles, beaux mecs, personnages
stéréotypés à mort... bref on a l'habitude on ne s'est pas lancé dans ce film pour des personnages à la psychologie très travaillées. En fait le seul attrait de cette première partie c'est
Erlend, le bon geek cinéphile à qui on s'identifie sans problème, qui nous sort un magnifique Tshirt Braindead et qui était bien sur le seul à se rendre compte que leur petit
périple ressemblait étrangement à tout plein de films qu'il avait déjà vu... c'est toujours sympa ce petit côté mi-référence, mi-cynisme vis-à-vis du genre.
Et donc au bout de 45 minutes arrivent enfin ceux qu'on attendait depuis le
début, les fameux zombies nazis! Et là on est parti pour 45 autres minutes quasi non-stop où le film n'a plus rien à voir avec ce qui précédait... ça tourne au slasher très efficace et sans temps
mort, ça cite bien sur des classiques mais sans tomber dans l'hommage pesant, d'Evil Dead à la Nuit des Morts Vivants. En fait le réalisateur se lâche complètement, car des zombies il
nous en sort un sacré nombre, et ils ont plutôt faim! Intelligemment il ne les dévoile pas tous dès que les choses sérieuses commencent, préférant créer une sensation de peur qui ne fonctionne pas
toujours mais qui réussit parfois à nous surprendre. Il en profite également pour élever le geek en winner car c'est lui qui va s'attraper la plus mignonne des trois filles, dans une scène de cul
salement déviante il faut le dire...
Bien sur comme dans tout bon slasher le groupe est rapidement séparé, ce qui
permet de maintenir un excellent rythme dans l'action. Les différentes mises à mort sont hyper graphique, du beau gros plan gore qui tâche, avec semble-t'il une forme d'obsession pour tout ce qui
touche aux intestins chez Tommy Wirkola (sans doute un trauma passé je ne sais pas...). Donc c'est bien sanglant et au bout d'un moment, on bascule carrément dans la comédie gore! Voir ces
pauvres victimes prendre les armes (improvisées) c'est un grand moment de n'importe quoi et ça commence à dégommer du zombie dans tous les sens... je sais pas mais voir cette armée de soldats nazis
mort-vivants lancer une attaque groupée en dévalant ces superbes pentes enneigées... ça fait quelque chose! Franchement c'est très bon, c'est drôle, bien gore... toutes les promesses de départ sont
tenues.
Je m'attendais à voir un film ultra cheap, et bien pas du tout en fait. l'image
est travaillée, la photo hyper léchée, la mise en scène n'a vraiment rien du boulot d'amateur... c'est efficace, inspiré, du beau travail.
Musique rock, puis carrément décalée dans le final... non vraiment Dead
Snow est une sacrée bonne surprise. C'est très fun, très sanglant, plutôt bien foutu, rythmé, généreux... ah si seulement il n'y avait pas cette première moitié pendant laquelle il ne se passe
pas grand chose et qui peinent à nous faire entrer dans le récit... le réalisateur aurait dû zapper sa présentation en 15 minutes (de toute façon faire trainer sur la longueur ne sert à rien car on
se fout un peu de leur psychologie à ses jeunes) et nous offrir tout le reste de pur bonheur bisseux à charcuter du zombie en uniforme. Et ça aurait été ultime... en l'état c'est juste parmi ce qui
se fait de mieux dans le genre, en Norvège comme ailleurs.








