Best of 2009

Par Niko06
Mardi 10 novembre 2009

Un film de Mabrouk El Mechri



Jean-Claude Van Damme c'est quand même LA figure populaire sur laquelle les médias ont pris un malin plaisir à cracher dessus, tout comme les hordes de moutons (téléspectateurs) incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et qui prennent tout ce qu'on leur balance en prime time pour argent comptant... C'est d'autant plus révoltant quand on aime profondément l'acteur. Non pas que ce soit un grand, il faut rester réaliste, mais sur un plan personnel il a quand même majoritairement animé ma jeunesse "cinéphile" avec des films comme Bloodsport ou Full Contact... Juger l'homme derrière l'acteur est non seulement déplacé mais ridicule, j'en dirais seulement qu'à mes yeux c'est quelqu'un d'honnête, de droit, un ambitieux qui s'est fait broyé par un système, un passionné, généreux et dont le seul gros tord a été de ne pas avoir reçu l'éducation nécessaire pour mettre des mots sur ses pensées (mais ce n'est sans doute entièrement sa faute) et de ne pas toujours savoir se contrôler. Pour moi c'est une icône et il méritait bien un film de ce type, en forme de thérapie déguisée.
Ce qui m'a fait beaucoup rire à la sortie du film au cinéma, ce sont les réactions des journalistes qui semblaient tous découvrir l'acteur en vantant ses capacités inédites dans le jeu dramatique... franchement, certains devraient bosser un peu leur truc des fois! Car Van Damme n'a pas joué que dans des direct-to-video de baston en provenance des pays de l'est et qui en effet ne présentent aucun intérêt. Il ne faut pas oublier qu'il a bossé avec les plus grands réalisateurs hongkongais : John Woo, Tsui Hark et Ringo Lam, dans des films loin d'être honteux et parfois même très bons. Ils se nomment Chasse à l'homme, Risque Maximum, Double Team, Piège à Hong Kong, Réplicant et In Hell, ses meilleurs films sans l'ombre d'un doute. Et ce sont d'ailleurs ces deux derniers qui ont dévoilé de véritables et grandes qualités d'acteur chez le belge.
En fait JCVD est un film un peu bâtard... en effet il jongle sur deux niveaux de lecture évidents qui ont parfois du mal à cohabiter. On a d'un côté l'introspection d'un Van Damme qui ne s'était jamais livré au spectateur de la sorte et de l'autre un film de braquage tendance Dog Day Afternoon en plus stylisé mais en beaucoup moins bien. Car tout cette histoire de braquage elle est quand même bien fine... à tel point que le réalisateur nous la repasse plusieurs fois avec un point de vue différent. Certes c'est beau (quoique il m'a semblé que certains dialogues étaient différents...) mais on a comme l'impression que c'est là pour combler un sérieux vide scénaristique. Par contre tout ce qui concerne Van Damme est passionnant.
Ca commence avec un long plan séquence plutôt bien fichu de Jean-Claude sur le tournage d'une série B d'action de seconde zone, et si les coups ne sont pas impressionnants (c'est sensé être une sale production en même temps) la mise en scène par contre est de haut niveau, tout comme la photo de l'ensemble du film, superbe dans sa surexposition et ses tonalités sépias. Et franchement si le scénario n'est pas le plus passionnant qui soit, par ses artifices El Mechri réussit à le transcender d'une bien belle façon, confirmant tous les espoirs qu'on pouvait mettre en lui depuis le très réussi Virgil. Tout ce côté plus terre à terre du film permet à une galerie de personnages secondaires de faire leur show, avec du bon et du moins bon.
Zinedine Soualem en fait beaucoup trop avec sa perruque ridicule et ses tics qui devraient en faire un personnage hautement instable donc dangereux, mais qui le rendent bien inoffensif. Par contre les autres ne sont vraiment pas mauvais, en particulier ce grand malade de François Damiens (le belge d'OSS117 et des caméras cachées de Canal+ entre autres...) parfait en commissaire de police dépassé par les évènements. Mais également Karim Belkhadra et Jean-François Wolff, excellents dans leurs rôles de braqueurs. Mais bien entendu ils sont tous dévoués à Jean-Claude Van Damme, car après tout, ce film est fait pour lui, autour de lui, par un réalisateur qui l'aime profondément et ça se voit! Chaque plan transpire de l'amour pour cette icône.
En lui faisant revivre des passages de sa vie (son divorce, ses tournages de films pourraves...) tout en le mettant face à sa propre image (le passage où il entend toutes ses citations qui ont été autant de sujets de moqueries), Mabrouk El Mechri joue un peu le rôle de psy pour Van Damme qui se dévoile alors complètement dans un long monologue (autour de 7 minutes il me semble) qui n'a bien sur rien d'une improvisation, c'est scénarisé et mis en scène, mais qui fait écho à sa vie personnelle avec une telle puissance que la séquence en devient vraiment émouvante, pour peu qu'on éprouve de la tendresse pour l'acteur qui se met à nu et dévoile un homme blessé.
JCVD n'est certainement pas le meilleur film de Van Damme, ni même son meilleur rôle, mais ça restera comme un film important, fait avec amour envers la star, et avec respect. De plus c'est tellement bien torché visuellement que ça vaut largement le coup d'oeil, même si la narration est parfois un peu poussive.



Communauté : Cinéma et culture alternative - Publié dans : France
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Par Niko06
Lundi 9 novembre 2009

Un film de Dario Argento



27 ans... c'est le temps qu'il a fallu au réalisateur pour enfin conclure sa saga des trois mères, commencée avec Suspiria en 1977 puis Inferno en 1980. Après la vision de cette Troisième Mère, la seule conclusion qui vient à l'esprit est qu'il n'aurait jamais dû faire ce film. On le sait, depuis le Syndrôme de Stendhal, son dernier grand film en 1996, Argento ne cesse de s'enfoncer toujours un peu plus, film après film, dans une médiocrité artistique effrayante... Honnêtement, en voyant cette bouillie infâme qu'est Mother of Tears, le spectateur qui ne connaîtrait pas Argento ne pourrait pas ce douter une seule seconde que ce réalisateur fut une figure majeure de l'horreur et que dans les années 70-80 il a enchaîné chef d'oeuvre sur chef d'oeuvre... C'est triste à dire mais depuis plus de 10 ans il continue de refaire le film de trop, il serait temps qu'il pose sa caméra et laisse définitivement sa fille Asia reprendre le flambeau de la famille Argento car elle est douée, et lui ne l'est plus depuis trop longtemps...
Pourtant pendant 10-15 minutes en début de film il laisse planer l'espoir d'une résurrection artistique improbable. Une ambiance efficace, une mise en scène aérienne, un mystère suivi d'une scène hyper gore... on y croit. Mais ce n'est qu'un doux rêve qui s'évapore assez rapidement car si la mise en scène ne faiblira pas vraiment, à l'apparition du petit singe on se pose déjà des questions sur le sérieux de l'entreprise... et des scènes de grand n'importe quoi injustifiées on va y avoir droit, et pas qu'un peu! Ce qui frappe d'entrée de jeu c'est l'aspect visuel. Travaillé à l'extrême sur les deux précédents films de la trilogie, avec une importance capitale des couleurs qui servaient toute une symbolique complexe, cette fois il privilégie une lumière naturelle en abandonnant l'idée de tourner en studio. Le résultat est moche, on se croirait devant un vieux téléfilm fauché...
Les thématiques soulevées dans Suspiria et Inferno? Absentes ou traitées par dessus la jambe... Argento semble ne s'être souvenu du spectacle graphique que constituaient ses deux films que sur la fin, donc à l'approche du dernier acte il nous sort des couleurs surréalistes, mais c'est trop tard. Avant d'en arriver là on doit se farcir une intrigue bidon qui ne tient pas la route deux secondes, avec des raccourcis scénaristiques indignes de son rang. Le réalisateur semble vouloir privilégier le gore au mystère, et quand il le fait ce n'est même pas toujours réussi! Autant certains effets et maquillages sont réussis, autant d'autres font peine à voir (têtes en latex à peine visibles, incendie numérique à vomir... qu'est-ce que c'est vilain!!!). Mais ce n'est pas tout...
La réunion de sorcières dans Rome est sensée créer le chaos, c'est ce qu'on nous dit... sauf que sur les plans larges, au mieux on voit deux personnes se chamailler, bonjour la fin du monde! Le grand moment du film est sans doute la scène de la gare... entre l'arrivée des "sorcières" (en fait des jeunes filles au look un peu gothique) et la course poursuite qui se termine dans une librairie où Sarah se découvre le don de devenir invisible, grâce à la voix de sa maman... on touche le fond. C'est à se demander si les gens qui ont fait ce film l'ont revu avant de le diffuser... Non parce que il y a quand même des trucs incroyables! Quand la mère de Sarah (Daria Nicolodi, la vraie mère d'Asia Argento) lui apparaît façon hologramme d'Obi-Wan Kenobi c'est un grand moment, et puis il y a ce singe aussi, mais qu'est-ce qu'il fout là???
Argento tombe dans la gratuité de tous les instants et enterre son film qu'on ne peut vraiment pas prendre au sérieux. Il profite d'avoir engagé des bimbos comme actrices pour bien cadrer leurs culs et leurs seins, nous balance une scène lesbienne sans qu'on sache trop pourquoi, se fend d'un long (mais alors très long) plan séquence dans la maison super maîtrisé mais tout simplement chiant... bref, la virtuosité technique au service du vide, ça ne sert à rien du tout.
Donc avec une intrigue à deux balles, des personnages ridicules, et une mise en image qui mixe une belle mise en scène avec une photo dégueulasse... pour un maître de l'horreur ça fait quand même très série Z. Alors oui on peut le prendre au 10000ème degré et rire de tout ça mais franchement c'est juste mauvais.
On atteint également des sommets avec le casting. En tête la belle Asia Argento (que son malsain de père filme sous la douche et humilie dans la scène finale) que j'aime beaucoup d'habitude mais qui là est risible dans le pire rôle de sa carrière. Philippe Leroy et le pauvre Udo Kier meurent dans d'atroces souffrances, les flics sont à mourir de rire, le casting féminin fait pitié... c'est pas parce qu'on a des gros seins qu'on est bonne actrice, il faudra le lui dire à Dario!
De tout ce joyeux bordel ressortent quelques scènes bien graphiques et sympa mais dans l'ensemble c'est quand même pitoyable. Le dernier acte dans la maison c'est le summum du n'importe quoi, ça part dans tous les sens pour se conclure sur une scène hors sujet, et pendant laquelle on se demande quel était le message. Car après un tel échec voir Asia exploser de rire on peut le prendre comme "c'était une vaste blague" ou "bande d'abrutis on vous a bien eu"... A vite oublier, Mother of Tears c'est une bouse.
R.I.P. Dario.




Communauté : Horrorkult.com - Publié dans : Italie
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Par Niko06
Lundi 9 novembre 2009


Non je ne vais pas prendre ma caméra pour faire des vidéos de sexe et de mensonges, ni pour faire le portrait d'un révolutionnaire dans la forêt et encore moins pour filmer une bande de braqueurs glamours... En fait l'idée suggérée (presque imposée il faut le dire!) par Fred, faisant suite à une chaîne sur la blogosphère est de se soumettre à un questionnaire cinéphile auquel s'est soumis Steven Soderbergh pour Libération...
Bien entendu, comme tout questionnaire de ce type, les réponses valables aujourd'hui ne le seront peut-être pas demain...


Le film que vos parents vous ont empêché de voir?
Mon intérêt pour des films plus déviants ne s'étant déclaré que sur le tard, je n'ai jamais vraiment eu à souffrir d'interdiction de voir tel ou tel film... Au pire j'avais droit à un "fortement déconseillé" et de mémoire le seul qui me revient c'est le Nom de la Rose. Pourquoi? La réponse a toujours été soigneusement évitée, mais sans doute pour cette scène relativement crue entre Christian Slater et Valentina Vagas... je ne vois pas d'autre explication.

Une scène fétiche ou qui vous hante?
Découvert très jeune, sans doute à une de ses premières diffusions TV, il y avait cette ouverture grandiose d'un film dont j'avais oublié le titre et qui m'a hanté pendant des années sans que je puisse retrouver de quoi il s'agissait... On y voyait un homme sur une immense croix qui descendait une rivière, avec une musique tout simplement inoubliable... ce film c'était Mission de Roland Joffé, un très grand film qui a entraîné une terrible déception quand j'ai découvert le reste de la filmo du bonhomme. Mais cette scène restera gravée à jamais.

Vous dirigez un remake : lequel?
Pas simple, par principe je suis plutôt contre les remakes... mais s'il en fallait un je choisirais un grand film intouchable, M le Maudit et pour le fun je donnerais le rôle de Peter Lorre à Zach Galifianakis, il a un sacré potentiel effrayant ce garçon.

Le film que vous avez le plus vu?
Il y a quelques années j'aurais répondu sans hésitation Pulp Fiction, aujourd'hui les choses ont changé et celui qui tourne le plus souvent sur ma platine est sans aucun doute Chungking Express de Wong Kar Wai, tout y est magnifique, de l'histoire aux personnages, en passant bien sur par ces immenses acteurs. Et ce film regorge de trésors inestimables de mise en scène, d'expérimentations visuelles... Je crois que je ne m'en lasserai jamais car j'y découvre des merveilles à chaque vision!

Qui ou qu'est-ce qui vous fait rire?
L'humour british en général, celui des Monty Python en particulier. Car si beaucoup d'autres formes d'humour et beaucoup de films me font rire sur l'instant, les seuls qui restent longtemps après ce sont eux. Une telle perfection dans l'écriture et d'imagination c'est quand même fabuleux. Je suis aussi assez sensible à ceux que nous proposaient les ZAZ à la bonne époque. En fait je crois que j'aime bien l'humour très con, mais également l'humour noir.

Votre vie devient un biopic...
Boring... je déteste les biopics en général, à quelques exceptions près, et je ne me retrouve dans aucun. Alors puisqu'il faut quand même y répondre je dirais sur le fond Donnie Brasco, car l'idée d'une existence passée à jouer un rôle rejoint plus ou moins mon idée sur la vie en général, et sur la forme Ali car c'est le seul biopic qui trouve vraiment grâce à mes yeux.

Le cinéaste absolu
Stanley Kubrick, who else!

Le film que vous êtes le seul à connaître?
Dire que je serais le seul serait bien présomptueux en plus d'être totalement faux... je pourrais citer quelques comédies du début de carrière de John Woo que sans doute peu de gens ont vu, mais je dirais à la place un film que j'ai eu la chance de voir dans son montage original, et qui ne sortira jamais dans ce montage et sous ce titre (en espérant qu'il sorte tout de même dans le courant de l'année prochaine). Un film qui s'appelait le Commun des Mortels et qui était très bien en plus.

Une citation de dialogue que vous connaissez par coeur?
"The path of the righteous man is beset on all sides by the iniquities of the selfish and the tyranny of evil men. Blessed is he, who in the name of charity and good will, shepherds the weak through the valley of darkness, for he is truly his brother's keeper and the finder of lost children. And I will strike down upon thee with great vengeance and furious anger those who would attempt to poison and destroy my brothers. And you will know my name is the Lord when I lay my vengeance upon thee." de Jules dans Pulp Fiction... et je pense aussi à peu près tous les dialogues de la Cité de la Peur.

L'acteur que vous auriez aimé être?
Marlon Brando avant qu'il ne devienne gros et con. Car c'était le style incarné, la classe, le mâle en fait... ou sinon Al Pacino car aujourd'hui c'est le plus grand (malgré des choix de rôles douteux) et qu'il impose une présence hallucinante... et puis quelle voix!!

Le dernier film que vous avez vu? Avec qui? C'était comment?
Houla! Alors le tout dernier c'était Mother of Tears de Dario Argento, tout seul dans mon canapé (mais qui voudrait voir ça aussi hein??) et c'était... nul, mais vraiment. A la fin on hésite entre rire de la bouffonnerie de l'ensemble et pleurer à chaudes larmes de voir un de ses réalisateurs préférés tomber aussi bas...

Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter?
La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la Vertu du Marquis de Sade, que j'adore car il sonde les côtés les plus sombres de l'âme humaine, décrit des atrocités mais dépasse le statut de simple obscénité, et car c'est divinement bien écrit. Ensuite bien entendu que c'est impossible à adapter sérieusement, trop cru, trop extrême, trop dangereux... bref personne aujourd'hui n'a le talent pour en faire quelque chose d'intelligent, comme le fit Pasolini pour son chef d'oeuvre...

Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film?

Qu'on me prenne pour un demeuré en m'expliquant les choses 12000 fois alors qu'une simple image pouvait entrainer une réflexion, qu'on me guide, qu'on tire de grosses ficelles bien visibles pour susciter une émotion, qu'on cherche le happy end sans se soucier de la crédibilité des évènements... et Samuel Le Bihan.

Le cinéma disparait. Un épitaphe?

Roland Emmerich m'a tué.


Voilà, à vous de jouer maintenant, je suis particulièrement intéressé par les réponses de Cachou, Vance, Youtokine Toumi, Alexandre Mathis, Vlad, Bruce Kraft, Jérome, Wade, Rom_J et Valou.
Mes plus plates excuses si j'ai oublié quelqu'un qui veut en être...

En attendant, jetez un oeil du côté de Marivaudage, Dr Orloff, Vincent, Rob Gordon et FredMJG
Communauté : Cinéma - Publié dans : Enquêtes
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Par Niko06
Dimanche 8 novembre 2009

Un film de Tommy Wirkola



Alors celui-là il est précédé d'une belle réputation! Faut dire qu'un slasher norvégien qui vient poser dans les montagnes enneigées une bande de zombies nazis, rien que le pitch donne envie d'en voir plus! Et le film tient en partie ses belles promesses, et confirme la vitalité d'un cinéma de genre norvégien, après les inégaux Manhunt et Cold Prey I et II... le plus étonnant finalement est de voir aux commandes de cette belle surprise le réalisateur coupable de l'indéfendable parodie de Kill Bill, Kill Buljo, le genre de film qui ne laissait pas beaucoup d'espoir quant à la suite de sa carrière tant c'était minable... Et non, Tommy Wirkola redresse la barre de la plus belle manière qui soit en livrant un film vraiment surprenant, qui obéit à tous les codes du slasher pour ensuite mieux les tordre, dans un mélange détonnant de gore et de comédie. En voyant Dead Snow on se dit que vraiment le contraste entre la pureté du blanc de la neige et l'agressivité du rouge sang est le plus beau mariage graphique pour un film de genre...
Ça commence comme un slasher tout à fait classique avec une bande de jeunes étudiants en médecine qui vont se faire un weekend à la montagne histoire de respirer le bon air frais, de bien s'imbiber de bière et accessoirement de tirer une des trois filles qui les accompagnent. Donc comme dans tout slasher qui se respecte, pendant la première demi-heure on s'ennuie ferme... tout est là, humour bas du plafond, jolies filles, beaux mecs, personnages stéréotypés à mort... bref on a l'habitude on ne s'est pas lancé dans ce film pour des personnages à la psychologie très travaillées. En fait le seul attrait de cette première partie c'est Erlend, le bon geek cinéphile à qui on s'identifie sans problème, qui nous sort un magnifique Tshirt Braindead et qui était bien sur le seul à se rendre compte que leur petit périple ressemblait étrangement à tout plein de films qu'il avait déjà vu... c'est toujours sympa ce petit côté mi-référence, mi-cynisme vis-à-vis du genre.
Et donc au bout de 45 minutes arrivent enfin ceux qu'on attendait depuis le début, les fameux zombies nazis! Et là on est parti pour 45 autres minutes quasi non-stop où le film n'a plus rien à voir avec ce qui précédait... ça tourne au slasher très efficace et sans temps mort, ça cite bien sur des classiques mais sans tomber dans l'hommage pesant, d'Evil Dead à la Nuit des Morts Vivants. En fait le réalisateur se lâche complètement, car des zombies il nous en sort un sacré nombre, et ils ont plutôt faim! Intelligemment il ne les dévoile pas tous dès que les choses sérieuses commencent, préférant créer une sensation de peur qui ne fonctionne pas toujours mais qui réussit parfois à nous surprendre. Il en profite également pour élever le geek en winner car c'est lui qui va s'attraper la plus mignonne des trois filles, dans une scène de cul salement déviante il faut le dire...
Bien sur comme dans tout bon slasher le groupe est rapidement séparé, ce qui permet de maintenir un excellent rythme dans l'action. Les différentes mises à mort sont hyper graphique, du beau gros plan gore qui tâche, avec semble-t'il une forme d'obsession pour tout ce qui touche aux intestins chez Tommy Wirkola (sans doute un trauma passé je ne sais pas...). Donc c'est bien sanglant et au bout d'un moment, on bascule carrément dans la comédie gore! Voir ces pauvres victimes prendre les armes (improvisées) c'est un grand moment de n'importe quoi et ça commence à dégommer du zombie dans tous les sens... je sais pas mais voir cette armée de soldats nazis mort-vivants lancer une attaque groupée en dévalant ces superbes pentes enneigées... ça fait quelque chose! Franchement c'est très bon, c'est drôle, bien gore... toutes les promesses de départ sont tenues.
Je m'attendais à voir un film ultra cheap, et bien pas du tout en fait. l'image est travaillée, la photo hyper léchée, la mise en scène n'a vraiment rien du boulot d'amateur... c'est efficace, inspiré, du beau travail.
Du côté des acteurs c'est moins réjouissants mais c'est le genre qu veut ça donc on passera. Mais ce qui est très fort c'est quand même le charisme du général nazi qui a peu de minutes à l'écran et à qui il manque un morceau de machoire, mais ça ne l'empêche pas d'en imposer dès qu'il apparait! Niveau bodycount, c'est la fête! Car des nazis il doit y en avoir une bonne cinquantaine quand même! Et les morts sont bien inventives, mitrailleuse sortie de nulle part, tronçonneuse, moto-neige...
Musique rock, puis carrément décalée dans le final... non vraiment Dead Snow est une sacrée bonne surprise. C'est très fun, très sanglant, plutôt bien foutu, rythmé, généreux... ah si seulement il n'y avait pas cette première moitié pendant laquelle il ne se passe pas grand chose et qui peinent à nous faire entrer dans le récit... le réalisateur aurait dû zapper sa présentation en 15 minutes (de toute façon faire trainer sur la longueur ne sert à rien car on se fout un peu de leur psychologie à ses jeunes) et nous offrir tout le reste de pur bonheur bisseux à charcuter du zombie en uniforme. Et ça aurait été ultime... en l'état c'est juste parmi ce qui se fait de mieux dans le genre, en Norvège comme ailleurs.




Communauté : ciné-blogs - Publié dans : Norvège
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