Par Niko06
Mercredi 2 décembre 2009
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2009
10:23
Un film de Frank Miller
Le synopsis d'allociné :
Denny Colt, un ancien flic, revient mystérieusement d'entre les morts. Il est désormais le Spirit, combattant du crime dans les rues obscures de Central City. Son ennemi juré, Octopus, a un but
bien différent : dans sa folle quête d'immortalité, il s'apprête à détruire la ville. Aux quatre coins de la cité, le Spirit traque le tueur. Sur son chemin, le héros masqué croise des femmes,
toutes sublimes, qui cherchent à le séduire, l'aimer ou le tuer... Seul son amour de toujours ne le trahira pas : Central City, la ville qui l'a vu naître... deux fois.
Alors celui-là il se traîne une sale réputation de nanar! Réputation pas tout à fait volée car le film souffre d'une infinité de maux dont le pire est qu'il ne correspond en rien à ce qu'on pouvait
attendre. L'adaptation des aventures du héros mythique de Will Eisner (le maître de Frank Miller) n'en est pas vraiment une, le film noir dans la veine de Sin City auquel
on pouvait s'attendre quand ont été dévoilées les premières images n'en est pas un non plus... The Spirit est un film tout aussi malade que son auteur et réalisateur, qui utilise une matière
pour poser sur pellicule ses obsessions dans un immense bordel filmique assez troublant. En fait, pour sa première réalisation en solo, Miller fait exactement la même chose que sur ses
BDs, il dynamite une oeuvre pour en arriver là où on ne l'attendait pas du tout...
Et le résultat est un échec passionnant! Mais c'est avant tout un échec... déjà,
il y a une erreur de casting monumentale en prenant Gabriel Macht dans le rôle principal. Il n'a aucun charisme, aucune présence, du coup on n'éprouve absolument rien pour ce personnage
important et relativement torturé. Sa relation avec Ellen, pourtant fondamentale, s'en voit également affaiblie et sans intérêt... Autre erreur, Central City. Jamais on ne sent la présence
de la ville comme cela était le cas dans Sin City, Dark City ou même the Dark Knight, alors qu'elle est sensée être omniprésente! En résulte une simple relation amoureuse, comme si la ville
était un peu la conquête ultime du playboy Spirit... très étrange. Bizarrement on ne la voit que par morceaux, et de façon tellement artificielle que ça ne colle jamais avec les tourments
intérieurs du Spirit qui en parle sans cesse.
Mais je crois que le pire dans tout ça c'est le scénario et la narration... alors
que c'était justement là-dessus qu'on pouvait placer les plus gros espoirs. En effet il n'y a qu'à lire les planche de Miller pour bien se rendre compte de son talent de ce côté-là!
D'autant plus que ses planches sont justement très inspirées par les cadres du cinéma!! C'est donc incompréhensible quand on voit la narration de The Spirit, un modèle de n'importe quoi qui
part dans tous les sens, enfonçant un peu plus un scénario d'une faiblesse sans nom. C'est la preuve vivante qu'une narration éclaté et elliptique nécessite un minimum de talent de la part du
réalisateur et du monteur car là c'est vraiment mal foutu, ça manque de rythme, et surtout on s'en fout de ce qui se passe. On a l'impression d'assister à une succession de vignettes avec une vague
intrigue qui les relie entre elles et en s'affranchissant de toute convention le résultat est très mauvais tout simplement.
Dès lors on pourrait penser que The Spirit est tout simplement un mauvais
film... sauf que paradoxalement ce n'est pas le cas. Comme cela a été dit ci-dessus, c'est un échec oui, mais un échec fascinant. Car on sait depuis longtemps que Miller s'intéresse au
cinéma, cela va de ses influences évidentes pour ses travaux sur papier jusqu'à ses scripts (dont celui parait-il extraordinaire pour Robocop 2 mais qui a été complètement massacré). Le fait
de le voir s'attaquer tout seul à la réalisation d'un film est donc tout à fait logique et si la réussite n'est pas au rendez-vous c'est tout simplement par manque d'expérience et de maîtrise du
langage cinématographique. Car au-delà de cette narration horrible, on retrouve sa patte dans la composition des cadres. Et sur ce point The Spirit est sublime.
Il compose ses plans dans l'esprit de Sin City, créant des images par le
contraste entre ombre et lumière, l'omniprésence du noir et du rouge, des couleurs presque métalliques... Qu'est-ce que c'est beau!!! Sur le plan graphique le film est une très grande réussite,
peut-être encore plus beau que le film de Rodriguez! Des plans iconiques à mort, de beaux ralentis... on est bien dans ce qui aujourd'hui caractérise un comic book au cinéma.
Dans les autres réussites, il y a le reste du casting, et en particulier le cast féminin. Miller se fait plaisir et nous pond des tonnes d'images sensuelles au pouvoir érotique incroyable,
aidé bien sur par les formes d'Eva Mendes, Scarlett Johansson, Jaime King et Paz Vega sur lesquelles il s'attarde pour notre plus grand plaisir. Il fait du
Spirit une sorte d'accro aux femmes qui va de l'une à l'autre sans le moindre remord, éternel séducteur et surhomme séduisant malgré une interprétation lamentable.
En fait pour apprécier The Spirit, il faut le prendre pour ce qu'il est et
oublier ce qu'on en attendait. Il s'agit d'un mélange de genres pas toujours heureux, qui passe du drame grave à l'humour potache sans la moindre logique, qui comporte un nombre hallucinant de
scènes surréalistes qui en font plus un cartoon live qu'un film noir à base de super héros... Les combats à coups de WC, les expérience du docteur Octopus (énorme Samuel L.
Jackson qui cabotine comme jamais), des gunfights d'où on sort des armes à l'infini de son manteau, un spectacle nazi, des clones stupides, une scène manga... ça part absolument dans tous les
sens, comme si Miller s'était dit que ça serait peut-être sa première et dernière réalisation et qu'il se devait d'y mettre tout ce qui lui passait par la tête. Le résultat c'est un film
malade, où le ridicule côtoie le sublime, l'ennui le jouissif et la noirceur l'humour de bas étage mais souvent drôle... mais c'est une impression de WTF général qui l'emporte (quand même, Eva
Mendes qui photocopie son cul si c'est c'est pas gratuit ça!!)
Il ne reste plus qu'à espérer que cet échec serve de leçon et d'expérience au génial auteur anarchiste et réactionnaire qu'est Frank Miller pour on prochain passage derrière la caméra, en
duo une nouvelle fois avec Robert Rodriguez sur Sin City 2.
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Publié dans : USA
5
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Par Niko06
Mardi 1 décembre 2009
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12
2009
10:30
Voici notre avant-dernier rendez-vous mensuel avec les films qui ont fait l'actualité de l'année, avant le grand
final de décembre et la sortie d'Avatar qui je l'espère va venir tout bouleverser.
Bien entendu ce classement est toujours sujet à discussion, y compris pour les contributeurs.
Partant d'une idée de Vance du Journal de Vance, blog cinéphile qui vaut largement le coup d'oeil, nous sommes une poignée de bloggers (26, voir la liste ici) à mettre en commun nos appréciations sur des films sortis au cinéma
depuis le début d'année. Le classement est mis à jour mensuellement, voici donc ce que pense notre petite communauté des sorties ciné 2009.
Je n'ai gardé que le Top 20 (enfin 22 à cause des ex-aequo), le classement complet (50 films) est visible ici, ainsi qu'une analyse de ce classement.
Des entrées fracassantes, des chutes vertigineuses, des surprises en pagaille... c'est la série d'articles la plus halletante de l'année j'en conviens. Mais trève de bavardages, voici le
classement, et Oh! Surprise!!

* : Les films dont j'ai fait une critique sur ce blog, pour y accéder, cliquer sur l'astérisque ou consulter l'index des critiques par le bouton "critiques" du menu en haut à gauche.
Un classement finalement étonnant, mêlant le très consensuel et certaines surprises... on est assez loin cependant de mon classement personnel qui évolue en accueil de ce blog.
Par Niko06
Lundi 30 novembre 2009
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2009
13:00
Un film de Chris Kraus
Le synopsis d'allociné :
Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu'elle a affaire à une
musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le Concours d'entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la
moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas.
Je ne sais pas si c'est le cinéma allemand qui est en train de renaître de ses cendres ou si ce sont les distributeurs qui recommencent à s'y intéresser mais l'air de rien, en quelques années, de
plus en plus ont débarqué dans les salles françaises, avec quelques chefs d'oeuvres à la clef (la Vie des Autres bien entendu). Avec ce Quatre Minutes au titre mystérieux et qui avait
à sa sortie conquis le public et la critique dans tous les festivals, l'inconnu Chris Kraus livre un drame tout aussi convenu que poignant, alternant le déjà vu et l'inédit dans un
traitement qui apporte une touche de modernité à l'austérité du film d'auteur... émotionnellement c'est assez fort.
Là où le schéma est relativement classique c'est dans cette relation
maître/élève entre une vieille sage qui semble porter un lourd secret et la jeune louve indomptable, c'est vu et revu. néanmoins le réalisateur réussit par je ne sais quel tour de passe-passe à
nous passionner pour leur destin... il faut dire que les éléments du passé de Mme Krüger nous sont servis petit à petit par de courts flashbacks bien sentis, loin des longues explications
pompeuses. C'est tout de même surprenant de voir à quel point ce cinéma allemand moderne a toujours tendance à placer la thématique nazi dans ses films, comme si il fallait à tout prix montrer les
conséquences sur les nouvelles générations à chaque nouveau drame que l'on filme. D'un côté c'est très bien car le pays affronte enfin son passé avec recul, de l'autre ça ressemble de plus en plus
à un ressort dramatique commun...
Mais ce n'est pas là le thème central de Quatre Minutes, qui brosse
avant toute chose le portrait d'un duo à priori improbable mais finalement logique, car toutes deux, malgré leurs grosses différences évidentes, sont des personnages d'écorchées vives en pleine
auto destruction suite à un drame. La plus jeune s'est enfermée dans une armure de violence et a coupé tous les ponts sociaux possibles, la plus âgée a tout simplement cessé de vivre depuis les
années 40. Leurs parcours sont tout de même très douloureux mais intelligemment Chris Kraus ne vient jamais chercher le pathos facile, l'émotion naît tout simplement de ces petits moments
où les coquilles se brisent et que ces personnages qui ne seront plus jamais vraiment ouverts se livrent complètement l'un à l'autre.
Poids de la culpabilité, recherche du pardon, absolution... Quatre
Minutes brasse des thèmes forts, élimine assez vite ceux liés à la religion pour rester du côté humain de la chose, avec bonheur. De plus il peint de bien belle manière le milieu carcéral ultra
glauque des prisons féminines, loin des clichés WIP (Women In Prison) mais hyper réaliste. Le contraste entre la dureté du décor et la douceur du piano n'en est que plus saisissant! Car Quatre
Minutes, en plus de ce drame lié à la relation de ces deux femmes, passionnante, c'est avant toute chose un film sur la musique. Et comment la passion pour la musique peut être une raison
suffisante pour continuer à vivre. Bien sur les deux femmes ne l'aborde pas de la même manière, une étant mélancolique et l'autre rebelle...
Mais c'est l'occasion de trouver une des plus belles bandes originales de
film dans laquelle on se plonge avec délectation chez Mozart, Bach, Beethoven, Schuman, Schubert... quel bonheur!!
Les actrices sont magnifiques, Monica Bleibtreu (la soixantaine) bénéficie d'un maquillage bluffant qui la rend plus que crédible dans la peau d'une octogénaire. Elle est superbe dans le
rôle de cette professeur rongée par un passé hyper sombre, lié aux agissements atroces des nazis envers les minorités. Mais la sensation c'est la jeune Hannah Herzsprung, hallucinante dans
sa composition de la folie qui cache un vide émotionnel incroyable. Elle est l'image de l'écorchée prise dans sa spirale d'autodestruction, et qui n'en sort que périodiquement, par la musique.
La mise en scène est surprenante. Alors qu'on pouvait s'attendre à une
certaine épure, Chris Kraus se permet pas mal d'effets visuels plutôt bien placés et virtuoses. Même si on n'est pas là devant une démonstration technique, il est toujours rassurant de
voir que certains savent allier le fond et la forme.
Et puis dans Quatre Minutes il y a ce final hallucinant et halluciné qui vient justifier le titre. Une scène de concert débridée, complètement folle, dans laquelle la jeune Jenny
fait corps avec son piano et avec la musique. C'est à la fois magnifique et grotesque, mais d'une puissance visuelle et sonore incroyable, complètement étourdissant.
Difficile de dire du mal de ce film, le plus gros reproche qu'on peut lui faire c'est finalement de marcher sur une route toute tracée, de manquer d'originalité. C'est dommage sur ce point
(important) mais on a là l'aperçu d'un talent à suivre, capable de marier lyrisme et violence sourde, Chris Kraus.
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Publié dans : Allemagne
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Par Niko06
Lundi 30 novembre 2009
1
30
11
2009
08:00

Un film de David Fincher
Le synopsis d'allociné :
Le narrateur, sans identité précise, vit seul, travaille seul, dort seul, mange seul ses plateaux-repas pour une personne comme beaucoup d'autres personnes seules qui connaissent la misère
humaine, morale et sexuelle. C'est pourquoi il va devenir membre du Fight club, un lieu clandestin ou il va pouvoir retrouver sa virilité, l'échange et la communication. Ce club est dirigé par
Tyler Durden, une sorte d'anarchiste entre gourou et philosophe qui prêche l'amour de son prochain.
Fight Club est typiquement le film qui vient poser une frontière infranchissable entre le public et la critique dite "sérieuse". On en parlait en commentaires sur la critique du second
Twilight, il s'agit bien là du film culte d'une
génération, celle des adultes de l'an 2000, le public a aimé, et même plus... au contraire de nos gardiens de la bonne morale cinématographique, qui ont pour sale habitude de démolir tout film qui
prend la voie de l'insolence (je rigole encore des critiques de Dobermann, du caviar!). Et dans un seul et même cri de douleur, Télérama, les Cahiers du Cinéma, les Inrocks, le Monde et Libé
ont détesté, usant même d'un très mauvais goût au moment de justifier leur effroi... Comme quoi on peut appartenir à une élite autoproclamée et ne rien comprendre à ce qui se passe à l'écran.
Fight Club a été taxé de film fasciste... mouais il faudrait déjà
revoir la signification de ce mot et surtout apprendre à faire preuve du recul suffisant pour ne pas prendre le film au premier degré. Par contre anarchiste oui bien entendu, et c'est bien pour ça
qu'il a accédé au statut de film culte! Le plus impressionnant est de voir à quel point en 3 films sur 4 ans David Fincher a imposé une sorte de révolution dans le cinéma. Se7en a
changé le thriller à tout jamais, the Game, malgré ses grosses faiblesses, a imposé la loi du twist final, et Fight Club a décomplexé tout le monde vis à vis de la représentation de
la violence à l'écran, qui trouve se trouve ici traitée avec un réalisme rarement vu à l'époque. Et même 10 ans plus tard, après des dizaines de visions, c'est toujours un choc immense, aussi bien
visuel que thématique. Comment mieux clôturer la décennie 90's?
Sans doute que certains n'ont pas compris l'humour de ce film, alors que c'est
pourtant très clair. Cette révolution n'a rien de sérieux et tout de grotesque, elle n'implique qu'un groupuscule à la tête duquel trône un mégalo misanthrope du nom de Tyler Durden.
Fight Club doit se voir comme une farce nihiliste et non comme un pamphlet antisocial, et avec ce second degré nécessaire non seulement il prend tout son sens mais le spectacle n'en est que
plus appréciable, loin des préoccupations morales bien trop faciles à attaquer. Et le plus fort dans tout ça c'est que même si on est dans du grotesque, même si il faut prendre ces images avec du
recul... les voies de réflexions ouvertes sont presque infinies car derrière toute farce il y a une réalité bien réelle, et depuis que Chuck Palahniuk s'y est intéressé il y a 13 ans les
choses ont continué dans la même direction... drôle, acide, cynique, le sous-texte derrière la révolution de pacotille n'est pas si con que ça.
Et les sujets traités sont vastes, la société Ikea (ou le règle de la
conformité), la société de consommation dans sa globalité, l'importance du paraître, la manipulation, l'endoctrinement idéologique... et j'en passe. Mais c'est aussi un des plus grands films sur
les dangers de la schizophrénie! En prenant le cas extrême de Tyler Durden, il nous parle à tous. Qui ne s'est pas rêvé un jour en playboy ultra-cool, érudit, philosophe et surtout
complètement libre? L'idée du double fantasmé et de la catastrophe qu'il peut entraîner s'il prend le pas sur l'individu est excellente. Tout comme l'idée de faire tomber les fondations d'une
société déshumanisée au profit de l'égoïsme matériel est séduisante nous est montrée comme séduisante (et elle l'est profondément), le film ne nous la montre pas comme un idéal, puisqu'elle est
elle-même pervertie par ses fondements extrémistes...
On retrouve tout le long ce paradoxe, le film en est un à lui tout seul, nous
démontrant tout et son contraire... c'est ce qui le rend si intelligent car il ne nous donne aucune solution, même le chaos comme terreau pour un nouveau départ n'en est pas une...
Bref, sur le fond je ne vois vraiment pas ce qu'on peut lui reprocher, c'est d'une ambition folle et le propos du roman de Palahniuk n'est jamais trahi, au contraire le film en est
l'illustration parfaite. Plus qu'un film anarchiste, Fight Club est un film nihiliste qui va jusqu'au bout sans pourtant se prendre au sérieux (les groupes de soutien à la base salement
glauques sont traités avec un cynisme à mourir de rire tout de même, il fallait oser!). Et le pire dans tout ça? Le film a réussi à marquer les consciences collectives dans ses détails... qui n'y
pense pas en apercevant une brûlure de cigarette en haut à droite au cinéma? Ou pendant qu'on entend pour la énième fois les consignes de sécurité en avion? Ou encore en allant acheter son
savon?...
C'est sa plus grande réussite, il nous parle de sujets qui nous concernent. En
fait après réflexion, on peut très bien le voir comme une sorte de côté obscur d'Amélie Poulain, avec qui il partage ce goût prononcé des petits détails insignifiants mais qui caractérisent
une personne.
Mais Fight Club ce n'est pas qu'un sujet passionnant et un scénario fantastique. C'est aussi et surtout (seulement pour certains) une démonstration technique tout bonnement hallucinante!
Quand il est sorti, on n'avait jamais vu ça au cinéma, balancer sur presque 2h30 des figures de style issues du clip c'était une révolution. Car Fincher, que beaucoup ne considèrent que
comme un habile faiseur de belles images, est un génie de la mise en scène tout simplement. Dans Fight Club ce sont 1000 nouvelles idées par plan quand même! Et j'abuse à peine...
Un générique qui a lancé une mode, une bande son extraordinaire, un côté tape
à l'oeil carrément jouissif... Et on peut ajouter un casting démentiel. Brad Pitt parfait dans son rôle icônique (où l'acteur et le personnage souffrent du même paradoxe lié à leur image),
Edward Norton qui confirmait après American History X un immense talent en devenir et bien sur Helena Bonham Carter, incroyable Marla Singer qui aura marqué à vie
toute une génération... tous les ingrédients pour faire un grand film étaient réunis et le résultat est plus qu'à la hauteur.
Par moments carrément expérimental (chose complètement folle vu le gros budget), Fight Club est un film passionnant, aussi ludique qu'ouvert à de profondes réflexions, lucide et
provocateur... s'il y en a bien un qui mérite son statut de film culte c'est lui.
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Publié dans : USA
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